Comment mieux se faire apprécier dans son travail

Il existe deux types de stress professionnel : celui que nous générons nous-même (et qui se transmet aux autres), celui que d'autres nous transmettent (en général, nos patrons).


Atlantico : C'est la rentrée pour tout le monde, adultes et enfants confondus, qui s'accompagne toujours de bonnes résolutions, pas toujours tenues (qui a dit "rarement" ?). Voici nos conseils pour progresser au bureau et faire en sorte que son travail soit apprécié par ses pairs.


Xavier Camby : il s'agit désormais d'un rituel saisonnier, d'un "marronnier" journalistique. Pour répondre aux angoisses parentales, la presse toute entière abonde de recettes et de conseils pour que nos enfants "réussissent" leur rentrée scolaire. Pareillement, les articles se multiplient en cette fin d'été pour que leurs parents salariés retournent eux aussi, avec toujours davantage succès, à leurs routines professionnelles.


La presse anglo-saxonne notamment propose de nombreuses pratiques pour augmenter la visibilité du travail accompli, pour mieux promouvoir encore nos résultats et pour affirmer davantage nos compétences. A titre d'exemple, nous sommes invités à "satisfaire et dépasser les attentes, à se rendre indispensable, à automatiser ou à déléguer ses tâches, à demander davantage de travail...".


Une litanie d'actions à entreprendre, d'urgence semble-t-il, pour faire valoir notre travail. S'il est légitime de communiquer intelligemment -nos collègues, nos subordonnés, nos managers ont besoin d'informations collaboratives factuelles, simples, claires- cette accumulation de "conseils" est, en fait, assez étrange : le faire-savoir doit-il prendre le pas sur le savoir-faire ?


Atlantico : L'activisme, on le sait, peut aider à apaiser nos angoisses et nous donner une contenance en ce que nous nous sentons utiles.


Xavier Camby : Cette tendance n'est pas vraiment nouvelle. Maître Eckhart (1) le constatait déjà au XIIIème siècle : "les gens réfléchissent trop à ce qu'ils doivent faire et trop peu à ce qu'ils doivent être. "C'est le nœud de l'affaire : plutôt que s'étourdir d'une inflation de tâches, ne serait-il pas infiniment plus utile et plus efficace de savoir quel travailleur l'on veut être, quelles valeurs personnelles on veut mettre en œuvre, quels talents on veut développer. La première des actions importantes alors est celle que nous pouvons entreprendre en nous-même. "Vivre, écrivait George Bernard Shaw (2) , ce n'est pas se trouver, c'est se créer !", stigmatisant ainsi notre belle capacité de choisir, à chaque instant, celui ou celle que nous voulons devenir. Pourquoi donc, s'il faut prendre des résolutions en septembre, ne pas décider de renoncer au stress ? D'être calme désormais, en toute circonstance. Et consécutivement d'agir toujours avec sérénité.


Il existe deux types de stress professionnel : celui que nous générons nous-même (et qui se transmet aux autres), celui que d'autres nous transmettent (en général, nos patrons). Le premier vient de notre vision du temps ou de la crainte du jugement d'autrui. Nous subissons le second parce que nous l'acceptons, par subordination, le plus souvent. Mais toujours le stress épuise l'organisme, inhibe notre système immunitaire, désorganise notre travail et peut même altérer gravement nos facultés psychologiques ou intellectuelles.Eliminer peu à peu le stress est possible. Cela commence par une bonne hygiène de vie et par l'abandon des excitants. Cela passe souvent par une meilleure vision du temps nécessaire pour accomplir chaque tâche et par une communication simple et directe, auprès des 'stresseurs' de notre entourage. C'est enfin notre décision : non, le stress ne passera pas par moi !C'est alors notre calme qui, devenu contagieux et bénéfique, parlera le mieux de nos réelles capacités professionnelles.


(1) Johannes Eckhart von Hochheim (environ 1260 – 1328). Philosophe et théologien rhénan, il enseigna à Erfurt, Paris, Cologne et Strasbourg. Spirituel dominicain, fondateur de l'école dite des « mystiques rhénans », certains de ses écrits furent condamnés par l'Eglise après sa mort.


(2) George Bernard Shaw, (1858 – 1950) fut un irlandais anti- conformiste, un peu provocateur et pacifiste. Critique musical essayiste, scénariste, et auteur célèbre de pièces de théâtre, il obtint le prix Nobel de littérature en 1925.

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